Tous les ans, en janvier, la dictée du Zonta devient un rendez vous régulier et recherché par les amateurs !

Chaque année les participants sont plus nombreux, avec même quelques jeunes courageux qui ont tenté le challenge !!

Et de  nombreux prix couronnent les plus expérimentés.

Voici le texte, pour ceux qui veulent la refaire.

Cette dictée nous ayant proposé le thème de l’Absurde, nous avons immédiatement pensé à Albert Camus, dont on a célébré lecentenaire de la naissance en 2013, et dont l’oeuvre est principalement articulée autour de ce thème dont le corollaire est celui de la Révolte.
Dans un texte célèbre l’écrivain prend pour symbole de l’absurdité de la condition humaine Sisyphe, héros de la mythologie, condamné par les dieux à pousser éternellement au sommet d’une montagne un lourd rocher qui inéluctablement redescend dans la vallée. Dans l’acceptation de sa condition, Camus imagine
malgré tout « Sisyphe heureux ».
Nous avons un peu transposé ce mythe…
 Les thuriféraires du meilleur des mondes affirment impudemment que miettes, poils et autres poussières se sont disséminés sur nos sols pour assouvir la mysophobie des femmes qui, après s’être mises en ménage, qu’on le croie ou non se sont plu à le faire !
 Dans son royaume, la maîtresse de céans balaie et nettoie. Elle s’arc-boute, s’éreinte, transpire. Or, dûment armée de son balai, elle constate que la saleté virevolte et s’ingénie à fuir, son combat devient un non-sens: hier nous balayions, demain nous serons poussière… Pousser devant soi un troupeau de minons récalcitrants s’apparente décidément au supplice d’un Sisyphe ahanant en vain derrière son rocher rétif, d’autant que le précédent à peine éliminé, un nouvel agrégat, suscité comme par enchantement, doit être évacué derechef !

Au moins le malheureux héros possédait-il, lui, un troupeau autrement appétissant dans l’isthme de Corinthe!
Atterrée par tant de tâches fatigantes et répétitives, la ménagère, soit cesse de pousser et s’assied, et la maison va à vau-l’eau, soit se révolte devant l’inutilité patente de son supplice. Face à ce dilemme récurrent, un inventeur, dont l’hagiographie reste à élaborer, jugea que s’il était absurde de pousser la poussière, il était a contrario sensé de l’attirer. La machine à succion qui en résulta, abandonnant manivelles et soufflets pour acquérir un moteur, devint l’aspirateur ! Hélas il fallait aussi qu’on le poussât…
Foin de ces balbutiements quasi préhistoriques : des aficionados de l’algorithme propulsèrent enfin l’appareil dans la modernité en engendrant Faspirobot, censé être la panacée ! Les hommes qui, depuis quelque temps, partagent la lutte incessante contre l’invasion pulvérulente, plébiscitent la course de l’engin déjanté qui se joue de l’univers chaotique des pieds de chaise(s) ou de l’échafaudage des magazines hors-série ; tel un scarabée caparaçonné de noirs élytres, il poursuit obstinément son inénarrable progression, cahotante et zigzagante, pour regagner, la batterie à plat mais le tiroir comblé, le giron de sa nourrice branchée.
Demain est un autre jour.
II faut imaginer Faspirobot2 heureux…